L’enregistrement original de l’entrevue avec Ken Poulin a été réalisé en anglais. Vous écoutez la version française dans la voix hors champ, réalisé par Steven Leconte. Ken Poulin est un agent de marques de commerce indépendant à Vancouver. Il nous explique pourquoi la protection de la PI doit commencer avant et non après le succès commercial. En tant qu’entrepreneur noir lui-même, il partage ses réflexions sur ce que signifie soutenir les communautés sous-représentées, sur le rôle de la diversité dans le paysage de l’innovation au Canada et sur les raisons pour lesquelles sensibiliser les chefs d’entreprise à la valeur de la PI nécessite de la patience, de l’empathie et une approche personnalisée.
L’enregistrement original de l’entrevue avec Ken Poulin a été réalisé en anglais. Vous écoutez la version française dans la voix hors champ, réalisé par Steven Leconte.
Ken Poulin est un agent de marques de commerce indépendant à Vancouver. Il nous explique pourquoi la protection de la PI doit commencer avant et non après le succès commercial. En tant qu’entrepreneur noir lui-même, il partage ses réflexions sur ce que signifie soutenir les communautés sous-représentées, sur le rôle de la diversité dans le paysage de l’innovation au Canada et sur les raisons pour lesquelles sensibiliser les chefs d’entreprise à la valeur de la PI nécessite de la patience, de l’empathie et une approche personnalisée.
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Maya Urbanowicz (Maya) : Vous écoutez « Voix de la P.I. canadienne », un balado où nous discutons de propriété intellectuelle avec des professionnels et des intervenants du Canada et d’ailleurs. Vous êtes entrepreneur, artiste, inventeur ou simplement curieux? Vous allez découvrir des problèmes concrets - et des solutions concrètes - ayant trait au fonctionnement des marques de commerce, des brevets, du droit d’auteur, des dessins industriels et des secrets commerciaux dans la vie de tous les jours. Je m’appelle Maya Urbanovich et je suis votre animatrice d’aujourd’hui.
Les points de vue et les opinions exprimées dans les balados sur ce site web sont ceux des baladosdiffuseurs et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de l’OPIC.
Le parcours d’un entrepreneur peut être difficile et solitaire, et cela implique souvent de sacrifier du temps pour sa vie sociale, des ressources financières et une grande partie de son existence pour faire survivre son idée et son entreprise. Il est compréhensible que la protection de votre propriété intellectuelle ne soit pas toujours une priorité, surtout si vous pensez que ce type de démarche est réservé aux grands cabinets d’avocats une fois que votre entreprise prend de l’ampleur.
Et c’est là qu’intervient Ken Poulin. Ken est un entrepreneur noir et un travailleur autonome profondément engagé à valoriser l’identité de chacun, quelle que soit leur origine. Son parcours pour devenir agent de marques de commerce est assez atypique : il a débuté dans l’éducation et le service à la clientèle, plutôt que dans le domaine juridique.
Sa passion pour l’enseignement, le service et le respect lui a valu le surnom de « The Trademark Guy », dédié à aider les petites entreprises à protéger leurs marques précieuses afin de leur permettre de se concentrer sur leur activité. Ken, c’est un plaisir de vous accueillir dans ce balado. Bienvenue!
Ken Poulin (Ken) : Merci, merci de m’avoir invité. C’est un plaisir pour moi aussi.
Maya : Vous avez eu un cheminement assez unique dans le monde de la propriété intellectuelle, et vous êtes passé, il me semble, d’un poste de parajuriste à celui d’un agent de marques de commerce. Et je crois que c’est notre parcours qui a fait de nous ce que nous sommes. Pouvez-vous nous parler un peu de votre itinéraire professionnel pour devenir agent de marque de commerce et travailleur autonome? Et de ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce domaine de manière indépendante?
Ken : Oui, je dirais que le mot « atypique » est tout à fait juste, surtout parce que je n’avais aucune expérience juridique avant de me lancer dans cette aventure pour devenir agent de marques de commerce et ouvrir mon propre cabinet. Avant, j’ai passé une vingtaine d’années dans le milieu de la vente et de l’éducation. Même si je réussissais bien et que j’étais plutôt satisfait, je sentais que j’atteignais une certaine lassitude, un besoin de relancer un nouveau défi.
Puis, un jour, dans mon quartier de Vancouver, à Yaletown, dans un petit café italien où tout le monde se retrouvait, quelqu’un de nouveau s’est joint à notre discussion. C’était une agente de marques de commerce. C’était assez drôle maintenant que j’y repense parce qu’à l’époque, je ne savais rien sur les marques de commerce ou la P.I., même si j’étais entouré de marques de grande valeur tout au long de ma carrière. Pendant nos cafés hebdomadaires, j’ai découvert qu’elle était travailleuse autonome et qu’elle exerçait dans le domaine des marques de commerce sans être avocate, avec une pratique très impressionnante. Quand elle parlait de son travail, cela m’intriguait. Je trouvais son créneau vraiment intéressant et unique. Je me souviens qu’elle me disait souvent qu’elle n’avait jamais rencontré quelqu’un d’aussi intéressé par ce qu’elle faisait.
Puis, un jour, elle m’a dit qu’elle cherchait à développer sa pratique et m’a demandé si j’aimerais la rejoindre en tant que parajuriste et stagiaire en vue de devenir agent de marques de commerce. Pour une raison ou une autre, j’ai dit : « Oui, pourquoi pas? », et j’ai fait le grand saut. Donc, même sans expérience juridique, je me suis tout de suite intéressé à la P.I.. J’ai rapidement compris que mon amour pour la langue, ma curiosité naturelle et mon souci du détail me préparaient parfaitement à ce métier.
Quelques années plus tard, j’ai été licencié peu de temps après avoir passé l’examen pour devenir agent. C’était une mauvaise nouvelle sur le moment, mais le jour même, j’ai reçu les résultats de l’examen. J’avais réussi. Je savais alors que j’avais un avenir dans ce domaine. J’ai pris le temps de réfléchir : dois-je postuler pour un cabinet d’avocats ou plutôt me lancer à mon propre compte? J’avais vu quelqu’un réussir en tant que praticien indépendant, alors j’ai décidé de tenter ma chance en solo.
Dix ans plus tard, je suis ravi de faire ce travail chaque jour. Je crois qu’en connaissant ses forces et en restant ouvert, il existe de nombreuses façons de réussir. J’ai pu lancer mon propre cabinet, devenir « The Trademark Guy », et aider d’autres entrepreneurs en cours de route.
Maya : J’adore cette histoire, et regardez où vous en êtes aujourd’hui. Vous avez commencé par travailler avec de petits entrepreneurs, et vous êtes devenu travailleur indépendant. Parlons maintenant de l’environnement de la propriété intellectuelle dans lequel vous êtes immergé depuis un moment. Comment percevez-vous l’évolution du paysage de la P.I., surtout avec l’essor des entreprises en ligne et des plateformes numériques? Pourquoi est-ce important, même pour les petits entrepreneurs?
Ken : Oui, c’est une question vraiment pertinente et extrêmement importante pour tous les propriétaires d’entreprise. Mon impression est que la P.I. est en train de devenir un sujet populaire. Peut-on dire que la P.I. est à la mode en ce moment? Est-ce que les gens cool autour de la table sont ceux de la P.I.? Qui sait, peut-être parce qu’on en entend beaucoup parler.
Lorsque j’ai commencé il y a 14 ans, la propriété intellectuelle n’était pas vraiment un sujet de conversation au quotidien ou dans les médias. Aujourd’hui, c’est différent. On parle de brevets, de droit d’auteur, et on lit des articles sur les célébrités dont les marques sont contestées, sur les chansons jouées lors de rassemblements politiques et comment les influenceurs monétisent leurs phrases accrocheuses. Pour moi, le fait que la P.I. soit exposée dans les médias traditionnels est une bonne chose. Cela la démystifie, la rend plus accessible et aide les gens à comprendre que ce n’est pas seulement une préoccupation pour les grandes entreprises. Cela aide aussi les petites entreprises à saisir la valeur unique que la protection de la P.I. peut apporter à leurs activités. En tant qu’agent de marques, je m’efforce de rendre le monde de la P.I. plus compréhensible pour chacun. Je pense que les relations que je crée sont plus intimes et collaboratives, car je prends en compte la manière dont je gère mon entreprise.
En ce qui concerne les changements dont vous parlez, 2 choses me viennent à l’esprit. D’abord, avec l’Internet, les entrepreneurs doivent adopter l’idée que leur marque n’est pas seulement locale, mais qu’elle est mondiale et en ligne. Ils se trouvent dès le départ dans un environnement concurrentiel où ils doivent rivaliser avec de nombreuses entreprises semblables. Avant, ils pouvaient se considérer comme un petit poisson dans une petite mare, maintenant ils nagent dans un océan ouvert. Le bon côté, c’est que cela démocratise les opportunités commerciales. Mais il y a aussi des prédateurs, et c’est là que la protection de la propriété intellectuelle intervient pour établir des barrières et protéger leurs intérêts. Pour se démarquer dans un monde Internet saturé, il est essentiel d’identifier et de protéger ce qui rend leurs entreprises uniques. C’est exactement ce qui permet la protection de la P.I., et est crucial d’avoir une stratégie pour leur entreprise.
Deuxième point : de nombreuses plateformes de vente tierce et de médias sociaux où ils vendent et commercialisent leurs produits et services exigent ou encouragent fortement qu’ils sécurisent officiellement leur propriété intellectuelle. C’est devenu l’un des motifs les plus courants pour lesquels les gens viennent me consulter. Ces entreprises ont un intérêt réel à protéger leurs partenaires de vente contre les violations de marque et la confusion, et comprennent que le meilleur moyen de le faire est basé sur la protection de la P.I.. Pour les petites entreprises qui cherchent à accéder à ces espaces de vente et de marketing, je les informe sur la façon dont la protection de la P.I. les aide et sécurise la valeur de leur marque dans un monde des affaires, tant actuel que futur.
Maya : Vous évoquez ce sentiment d’être un poisson dans une mare, mais maintenant, le monde est à vos pieds dès que vous vous ouvrez aux affaires. Cela m’amène à la prochaine question : le moment choisi. Pourquoi est-il crucial pour les petits entrepreneurs d’aborder les questions de P.I. le plus tôt possible?
Ken : Je crois que c’est extrêmement important. J’essaie de me mettre à la place des propriétaires de petites entreprises, car je suis moi-même agent de marques de commerce indépendant, et j’ai démarré à une échelle semblable à la leur, surtout au début. Je comprends bien les défis financiers et logistiques reliés à la création d’une nouvelle entreprise. Cela les rassure, car cela me place sur un pied d’égalité avec eux et renforce ma démarche éducative sur la P.I., qui est essentielle pour leur activité.
Quand je parle de personnalisation, cela inclut aussi la diversité des cultures, des valeurs et des perspectives, et comment cela peut influencer leur identité commerciale. Ce n’est pas un secret : je suis extrêmement passionné par la valeur de la P.I. Pour moi, c’est un atout fondamental pour les petites entreprises qui espèrent grandir.
Je veux que les propriétaires d’entreprises comprennent que la protection de la P.I. leur confère une singularité sur le marché encombré, une sécurité de marque et une valeur quantifiable, en plus d’être un fondement pour leur croissance future. Même si je me concentre sur les marques, j’adore conseiller sur la manière d’éviter des pièges de la P.I. pour démarrer leur parcours en toute quiétude.
Cela signifie établir une stratégie de P.I. qui ouvre la voie à l’innovation et la monétisation. Grâce à la protection de la P.I., ils peuvent instaurer une certaine certitude pour leur entreprise, surtout quand d’autres domaines fluctuent constamment et nécessitent des soutiens créatifs. Il est évident qu’ils vont travailler dur, alors il est crucial de protéger ce qu’ils peuvent en cours de route.
Le message principal est de créer quelque chose d’unique et de le protéger avec une stratégie de P.I. et d’identifier continuellement leurs offres distinctes dès le début et tout au long du cycle de leur entreprise. La protection de la P.I. ne doit pas être envisagée après avoir établi une valeur sur le marché. Cela pourrait être trop tard. Ils doivent agir pendant qu’ils construisent leur entreprise unique et précieuse.
Maya : Vous ne pouvez pas le voir, mais je hoche la tête pendant que vous parlez.
Ken : Oh, j’adore ça.
Maya : Je suis tout à fait d’accord avec vous.
Ken : J’en prends note, merci.
Maya : Vous soulevez tellement de bons points. J’allais aborder un aspect un peu différent dont nous ne parlons pas souvent dans ce balado, mais les ministères gouvernementaux, comme l’OPIC, s’efforcent aussi de soutenir les groupes sous-représentés dans notre société. Je sais que vous faites partie de ces groupes et que vous les soutenez. Pourriez-vous nous parler de l’importance de soutenir ces communautés sous-représentées et de l’énergie qu’elles apportent aux travailleurs autonomes?
Ken : Eh bien, je peux vous dire que l’un des meilleurs moments de ma journée est de rencontrer et de discuter avec des groupes sous-représentés. Ils partagent leurs perspectives et leurs idées, et je peux appliquer mes connaissances en P.I. à chacune de leurs situations uniques. Concernant l’OPIC, j’ai observé ces dernières années un engagement significatif de leur part et d’autres agences envers ces groupes, et je trouve cela vraiment encourageant de voir cette ouverture à tous dans notre pays.
En tant que membre d’une minorité visible, je suis très reconnaissant de l’espace qui est donné à des cultures diverses et à d’autres groupes sous-représentés. Lorsque je rencontre des entrepreneurs, ils sont ravis des nouvelles opportunités de soutien, d’éducation et de financement qui sont offertes à eux. La P.I. peut sembler intimidante, surtout pour ceux qui n’y ont pas encore été exposés. Mais une fois qu’ils comprennent sa valeur, ils sont motivés à l’utiliser.
Des personnes intelligentes et passionnées créent des entreprises, et chacune a une histoire unique et précieuse à apporter. En intégrant une diversité de cultures et des points de vue, on renforce l’innovation au Canada et dans le paysage de la P.I. canadien.
D’un point de vue plus personnel, je pense que ceux qui viennent des situations difficiles ou de communautés sous-représentées souhaitent soutenir d’autres personnes d’horizons similaires. Je peux penser à de nombreux exemples, même dans ma propre pratique, des travailleurs indépendants qui viennent me voir parce qu’ils souhaitent aider quelqu’un dont le parcours semble inspirant. Cela me donne une perspective, de nouvelles idées et une énergie renouvelée en collaborant avec eux.
Maya : Je pense que c’est très important, car nous parlons d’entrepreneurs qui peuvent se sentir obligés de faire appel à de grands cabinets d’avocats pensant qu’ils sont trop petits. C’est formidable de voir qu’il y a des travailleurs autonomes comme vous qui continuent à aider avec la propriété intellectuelle au niveau de la communauté.
Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui soutiennent les nouveaux entrepreneurs et les propriétaires de petites entreprises qui se sentent dépassés par la complexité de la protection de la propriété intellectuelle?
Ken : Démarrer une entreprise est exigeant et stressant, c’est un fait. Personne ne peut le contester. Mais lorsque les gens voient que je comprends leur situation en tant que propriétaire de petite entreprise, cela fait toute la différence. Je n’ai peut-être pas eu besoin de conseils en propriété intellectuelle, mais j’ai dû apprendre tous les autres aspects de la gestion d’une entreprise.
Comme vous l’avez mentionné, bien souvent, la P.I. n’est pas la priorité ni la première dépense d’un propriétaire. Démarrer une entreprise coûte toujours plus cher que prévu, et chaque nouveau propriétaire fait attention aux coûts. Pour plusieurs, il est plus concret de payer pour un logiciel, un entrepôt ou de l’équipement que pour la protection de la propriété intellectuelle.
Pour ceux qui soutiennent les nouveaux entrepreneurs, il est important de garder en tête 2 mots-clés : patience et empathie. Ce n’est pas seulement une question d’éduquer, mais aussi la manière dont vous le faites. La P.I. est un domaine nouveau pour plusieurs et reste peu connue en tant qu’élément clé des affaires. Ce n’est pas toujours intégré dans leur processus.
Ils découvrent souvent la P.I. par le biais d’une source externe comme des sites gouvernementaux, des séminaires d’affaires ou d’autres entrepreneurs. Si vous soutenez ces entrepreneurs, souvenez-vous que chacun apporte sa richesse d’expérience personnelle à son parcours. Leur façon d’apprendre est unique, tout comme leurs besoins en P.I.
Je ne le répéterai jamais assez : la P.I. est personnelle. C’est une perspective qui guide mon approche chaque jour.
Maya : Merci beaucoup, monsieur Poulin, c’était vraiment un plaisir d’avoir cette conversation avec vous aujourd’hui. Je vous remercie sincèrement pour votre temps et votre intérêt à participer à notre balado.
Ken : C’est un véritable plaisir pour moi. Et vous le savez, je trouve cela passionnant de pouvoir parler de la propriété intellectuelle et d’éduquer les gens à ce sujet. Merci de m’avoir invité à participer à votre balado.
Maya : Vous venez d’écouter « Voix de la P.I. canadienne », un balado où nous parlons de propriété intellectuelle.
Maya : Dans cet épisode, nous avons rencontré Ken Poulin, aussi appelé « The Trademark Guy », un entrepreneur autonome et agent de marques de commerce passionné par l’aide qu’il apporte aux petites entreprises pour protéger leur marque. Ken a souligné l’importance de considérer la P.I. dès le début du parcours entrepreneurial et le rôle crucial des personnes qui soutiennent les entrepreneurs en faisant preuve de patience et d’empathie. Il a aussi rappelé que la P.I. peut être un sujet nouveau et complexe pour de nombreux fondateurs d’entreprises. L’OPIC et des experts comme Ken sont là pour vous aider avec vos questions de P.I.
Consultez la description de cet épisode pour découvrir des ressources, des options de soutien financier pour les entrepreneurs, ainsi que nos 10 conseils pour bien gérer votre propriété intellectuelle.